Partager l'article ! J'ai gagné à Puerto del Carmen, Part Three, la course.: Il y a 2 ans, Zurich, le réveil sonne. "Purée, mais qu'e ...
Il y a 2 ans, Zurich, le réveil sonne.
"Purée, mais qu'est-ce que je fais là !?". Mes premières paroles à IMOTTC.
Matin d'Ironman. Matin comme les autres dans de telles circonstances. La pression ?. La peur ?
Je ne sais pas. Mais c'est toujours comme ça.
5h00. Puerto del Carmen. Le réveil sonne.
"Ca va Fred ?"
Matin d'Ironman. Même pas peur. Aucune pression. Je suis cool. Pour la première fois.
Nous déjeunons, tranquille en discutant. Il va faire une méga perf, c'est sur et il est détendu. Fred est super entraîne. Il a un gros niveau et ne se prend pas la tête.
Je fini de me préparer.
Dehors, le groupe s'agite. Franck H semble calme et détendu. Hermi .... pareil .
Je prend la direction du parc, tout proche de notre lieu de résidence. Comme d'habitude, l'organisation ultime concerne le dépôt des lunettes. Un moment que je n'aime pas car je vais me retrouver involontairement dans ma bulle, seul, sans pouvoir voir les amis. Juste avant, je croise Arnaud C et Pierre M, le G.O et nous prenons la pose.
Les lunettes sont posées.
La course commence pour moi.
Il y a du monde sur la plage. Je remonte la fermeture de la combi et gagne l'océan pour, non pas un échauffement, mais plutôt un ajustement de la dite combi. Toujours la même depuis 2002.
Je me place sous la deuxième arche de départ. Le plus reculée par rapport à l'océan.
Je dois avouer que je ne suis pas trop tranquille de m'élancer pour 3800m tant mon entraînement a été minimaliste. Le manque d'envie, ma tendinite au niveau de la C.R .
Laisser partir la meute, me placer à l'extérieur pour prendre, surtout pour prendre mon rythme, mes marques dés le départ.
Le jour est levé. L'océan est calme, beau, presque accueillant. Je connais l'endroit. J'y ai nagé dans la semaine.
Les furieux courent. Je marche vers la droite. Premier contact avec l'eau. Ça y est, la course est partie. Même pas peur. J'embrasse mes miens, comme d'hab et Papa, cette fois-ci. L'eau est bonne. Je suis seul. Je commence à nager, tranquille, comme à l'entraînement. Pas de prise de tête. Je ne suis pas prêt, mais heureux d'être là, tout simplement. Et ça suffit, ça ME suffit.
La première bouée approche et je suis loin, très loin. A vouloir nager seul, je me suis éloigner. J'en rigole. J'aime tellement ça que je rallonge le parcours... mdr !
Ca glisse tout seul, comme par enchantement. Un régal. La première longueur est avalée avec bonheur. Virage à gauche, deuxième virage à gauche et voila le retour vers la plage. Le courant pousse. Je me trouve "nageur". Trop cool.
Sortie à l'australienne. Je vois Nuccia et Mat. Un signe et hop, je replonge avec envie.
Le deuxième tour se passe aussi bien et j'en éprouve même le désir de continuer.
Philippe, réveille toi !!!!!!
C'est dingue. Après les Nice LD et tous les IM, c'est la première fois que je prends plaisir lors de la première épreuve. Et comme j'ai hâte de rouler, je me dis que le plaisir va durer.
C'est la fin. Les mieux préparés sont déja devant. Les nageurs-rouleurs aussi (ceux-là, je pense les revoir). Je suis dans le ventre mou de l'IM, ce qui est paradoxal lorsque l'on voit tous ces triathlètes affûtes.
Je prend mon temps. Je savoure le moment. Je sais très bien que toutes les minutes passées sont des minutes de liesses, de joies. Je suis là, en forme, et je participe à l'IM de Lanzarote, celui que j'ai toujours voulu faire, ce lui que j'ai toujours rêvé de faire et celui où je vais, sans le savoir encore, gagner....
J'ai endossé ma panoplie de cycliste et vais récupérer mon vélo.
Un gel dans le parc et un avant chaque ravito. C'est ça l'organisation.
Ptiti plateau cool pour sortir de la ville. Le vent semble déja bien installé. Des Cancellara me doublent à la vitesse supersonique. Salut.
Je me sens bien. A tel point que je mets même la plaque^^.
Premier test: Le faux plat montant de La Marina. Le 42 et hop, malgré le vent, je le passe bien. Suis-je dans un grand jour ?.
Direction la boucle d'El Golfo ( je le nomme ainsi). Je croise les premiers qui partent voir el Diablo. Arnaud, puis Fred qui roule à Gauche. Comme moi. C'est dingue. Je double sans cesse. Je m'excite un peu trop, je le sais, mais tout ce qui est pris, n'est plus à prendre. Je vais le payer, c'est sur, car je n'ai pas le fond, les jambes pour tenir cette allure sur 180 bornes. Pffff, je m'en ...
Le boucle est absorbée et me voilà devant cette montée en palier de Timanfaya. C'est l'extase.
Un jour, Mark Knoppfler a joué devant moi Brothers in arms. Je me suis dit que je pouvais enfin mourir.
Là, c'est pareil. Je suis là pour ça, pour rouler là, sur ces paliers. J'y suis, j'arrive en haut. C'est bon, je l'ai fait. C'est énorme. J'émotionne fort en croisant el Diablo.
Je roule à gauche et double. Je fais le Kéké. Pas pour longtemps...
Tinajo. Du vent, toujours du gros vent. Descente vers la Santa. Idiot de jeune qui plante dans les bosses, me colle, me double dans les descentes et qui se rabat chaque fois juste devant. Encore un fois, je le passe sur une petite bosse, roule à ces côtés et... seul mon regard suffira à le faire rentrer dans le droit chemin...
Je commence à payer ma Kékétude en arrivant vers Famara, là où des gars jouent de la guitare devant les surfshops. Trop bon.
Le vent est favorable mais je souffre quand même dans cette longue et douce montée vers Téguise. Virage à droite au rond point et boum !. Le vent dans la cabeza !!!!. Terrible. Je prends cher. Mais bon, ce n'est pas bien grave. Je rofite du site et de l'ambiance. Je me régale devant ces paysages majestueux.
Haria se passe finalement bien. Doucement, mais bien. Dés le début de la descente, un gars tout de blanc vêtu me double. Je reconnais Damien !
Il nage mieux, roule mieux aussi que moi. Que fait-il là.
Je le rattrape. Il n'est pas au mieux. Je lui dit de prendre mon rythme et que ça va revenir.
Je me retourne, il n'est plus là. Mince.
Vu comme je descends mal, il me rejoindra après. C'est sur.
Le mirador del Rio est avalé, toujours cool, mais sans problème. La vue sur l'île de la Graciosa est majestueuse. Je prends mon pied. Damien ne m'a pas rejoint dans la descente où je me suis fais quelques frayeurs à cause du vent. Certains me doublent en prenant des risques inconsidérés. S'ils sont là avec moi, qu'ils se calment. Ils n'auront pas leur slot. C'est trop tard. Alors molo les gars, vous avez peut-être des enfants, une femme, un père...
Je suis tellement fatigué, que je n'arrive pas à me mettre en position aéro sur la nationale qui fait suite aux Miradors.
Je savais que je payerai mon manque de volume. Pas grave. J'ai fait une belle première partie de course et je sais à ce moment là, c'est à dire après le terrible faux plat face au vent qui me ramène vers Téguise, que je vais poser le vélo. Et si je pose le vélo, je fini la course. C'est comme ça, toujours.
Puerto del Carmen. Fin du vélo. Heureux d'en avoir fini après m'être régalé devant ces paysages superbes. Le plus beau parcours de tous mes IM.
Je pense à lo, Nick et tous les amis qui ont fait moins de 6H ici. Je dis chapeau et m'incline. Vous êtes des géant(e)s .
Je pose le vélo et me change. Il fait chaud. Je vais m'élancer pour le marathon.
A la sortie du parc, je croise Damien qui en fini pour la partie vélo. Il est mal. Ca va revenir, accroches toi lui dis-je.
dés le début, je souffre, j'ai chaud, je ne suis pas bien et j'ai 9 longs kms à faire avant de tourner. Je croise les copains de TP, puis me retrouve seul le long de l'aéroport. je n'y arrive pas. Une pause, puis 2. Dur.
Je marche.
Finir est le seul but, mais finir en marchant plus de 30 kms est inconcevable. Je ne pense pas une seconde à abandonner.
Je me donne jusqu'au 1/2 tour et aprés, je me bouge !!
Le demi tour des 9 kms est là et le vent devient favorable. Je cours (trotine), l'océan m'assiste, je regarde le paysage. Ca y est, je sais maintenant que ça va passer plus vite et que je vais profiter à fond de la chance que j'ai d'être là.
Le dernier tour est là. Mister Boost vole et je cherche toujours Damien qui est toujours en course. 12 kms encore à faire. Je suis cuit.
1/2 tour et plus que 6 kms. Depuis quelques minutes, j'ai adopté le tandem Marche/course réglé . C'est efficace et la course parait plus facile.
Je retrouve Damien que j'entraîne dans mon organisation. 1' de marche, 2' de course. C'est bon, il y arrive. Je reste avec lui. On papote. Je suis suis bien, content d'en finir et content de finir avec lui.
J'aperçois la ligne d'arrivée. Je quitte mon compagnon de route. Il va finir, c'est sur.
Je garde pour moi les moments, les derniers moments de la course. Des moments d'une rare intensité émotionnelle personel
Peu importe le temps, la place. Je passe la ligne. Regarde le ciel.
J'ai gagné.
A bientôt pour l'épilogue.
Bises et merci.
Une vidéo pour celui sans qui je ne serai pas allé au bout.
Merci.
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J'attendais très impatiemment la suite du récit de cet IM si important pour toi . Magnifique ! Quel pied cela a du être pour toi !
Et au final quelle belle victoire !
Magique Phil !!!